
Messieurs et Mesdames les députés,
Je vous transmets en pièce jointe le courrier que j’ai reçu ce jour du Cabinet du Premier ministre et de sa cheffe de cabinet. Je tiens à insister sur le fait que, lors de la prise de fonctions du Premier ministre, l’intégralité de mes courriels d’alerte relatifs à ma santé a été détruite, ainsi que ceux exposant les raisons pour lesquelles EDF et sa horde de cadres et hauts dirigeants n’ont cessé, depuis 2018 et sous la présidence de M. Emmanuel MACRON, de détruire ma vie !
M. LE CORNU, comme les autres Premiers ministres qui se sont succédé, n’a rien fait, au nom d’une prétendue séparation des pouvoirs. Or, comment parler de séparation des pouvoirs lorsque l’État est actionnaire majoritaire d’EDF, décide du programme des EPR, nomme et choisit son PDG et perçoit des dividendes ? En tant qu’actionnaire majoritaire, l’État disposait de toute latitude pour faire cesser cette situation, qui perdure et ne trouve aucune issue. Mais non, on préfère protéger EDF les laisser vous tuez avec l’argent du contribuable.
Mme Élodie ROBBE ne regarde, une fois encore, que le petit bout de la lorgnette, en venant protéger EDF et son PDG plutôt que la vie d’un compatriote livré « aux chiens » comme un détritus. Voilà le message qui m’est adressé aujourd’hui par le Premier ministre, celui-là même qui m’a serré la main début 2018 lors d’une visite sur le site de l’EPR, à une époque où la séparation des pouvoirs ne semblait lui poser aucun problème !
L’État, et j’y inclus le Président de la République, pour qui la vie d’un homme ne semble avoir aucun intérêt tant qu’il ne s’agit pas de la sienne, me pousse aujourd’hui à envisager la voie du suicide. Il est de mon devoir de vous en informer, vous, Mesdames et Messieurs les députés, ainsi que les journalistes destinataires de ce courrier et de la lettre du Cabinet du Premier ministre. Le calendrier est d’ailleurs révélateur : ce courrier arrive le jour même où l’Assemblée nationale est en pleine affluence. Quel symbole !
Quel spectacle que celui d’une démocratie abîmée par des années de « macronisme », démontrant une fois de plus que la vie humaine n’a aucune valeur. Quel spectacle, encore, en ce jour de recours à l’article 49.3, illustrant que ce gouvernement, comme les précédents, n’a rien fait, alors même que je dispose d’un courrier attestant que je devais être reçu par M. LESCURE, alors ministre de l’Industrie. Cette entrevue, je l’attends toujours ! Lui ne m’attend pas. Encore un mensonge de plus.
Quelle démocratie peut supporter qu’un citoyen soit accusé de pédophilie à son insu, accusation sciemment dissimulée par un procureur de Charleville et par le ministre de la Justice de l’époque, comme par celui d’aujourd’hui ? Lorsque vous dénoncez de tels faits, on vous poursuit pour diffamation afin de vous rappeler qui commande. Une accusation de pédophilie n’est pas anodine. Elle aurait déjà suffi à me conduire au licenciement et j’accuse EDF d’ailleurs de s’en être déjà servi à l’époque pour tenter de me licencier. Cette homme qui m’a accusé ; a été condamné en juin 2025 mais a été promu a EDF …. cela est tout de même étrange, non ? On donne une promotion à un homme qui a été accusé d’avoir menti ! C’est le monde à l’envers. Une protection de la justice et une protection d’EDF !
Ironie tragique de voir M. DARMANIN poursuivre en diffamation celles et ceux qui évoquent certaines affaires en lien avec lui, tout en laissant un procureur dissimuler la vérité pendant six années afin de m’empêcher de me défendre. Qu’a fait M. DARMANIN ? Rien. Il a protégé son procureur et il le protège encore, j’ai toutes les preuves si M. DARMANIN les veut !
Dans quelle société peut-on accepter qu’une telle vérité soit cachée, que l’on protège un magistrat ayant dissimulé des faits aussi graves, et que l’on sacrifie un citoyen ? Les faits sont là : une semaine après avoir officiellement déclaré un harcèlement moral au sein d’EDF, une accusation infamante surgit, cela laisse perplexe, non ? Un calendrier en tout cas qui laisse songeur. Pendant six ans, le ministère de la Justice a accepté que cette accusation me soit cachée. Voilà l’état de notre démocratie, à laquelle nous avons confié nos votes, nos bulletins !
M. DARMANIN peut tenter de me briser par des procédures en diffamation. Pour ma part, je peux prouver que le ministère de la Justice a sciemment dissimulé cette accusation durant six ans, alors que l’ensemble d’EDF en avait connaissance, à l’exception d’un seul : moi.
Et l’on vient encore me parler de séparation des pouvoirs.
Cette séparation est tout aussi discutable lorsque la porte-parole du gouvernement affiche sur ses réseaux sociaux, notamment LinkedIn, son attachement à son ancien employeur EDF, ou lorsqu’elle se présente sur Instagram comme « porte-parole du gouvernement, ingénieure nucléaire ». Est-ce là la conception de la séparation des pouvoirs du Premier ministre ? Alors Madame La Cheffe de cabinet, vous avez une explication !
Mesdames et Messieurs les députés, quelle séparation des pouvoirs existe-t-il lorsqu’un ministre de la Justice dissimule pendant six ans une accusation de pédophilie, qu’il n’aurait jamais tolérée pour lui-même, lorsqu’une porte-parole du gouvernement affiche publiquement ses liens avec EDF, et lorsqu’un Président de la République reste inerte face à une situation relevant, selon moi, de la non-assistance à personne en danger ?
Il y a un an, avant un passage à l’acte, le Président de la République et le Premier ministre de l’époque ont reçu de multiples appels d’alerte les informant que je risquais de passer à l’acte en raison de ce qu’ils laissaient faire. Ces appels ont bien été reçus par la Présidence, ce qui m’a été confirmé par mon interlocuteur téléphonique. Qu’ont-ils fait ? Rien. Ils vous laissent mourir, vous et votre famille ! Voilà on nous en sommes !
Voilà la démocratie qui se joue aujourd’hui au Parlement. Devons-nous accepter cela et voter en toute conscience pour ces responsables ? Dites-moi dans quelle société nous vivons. Certainement pas dans une démocratie, au regard de la réponse du Cabinet du Premier ministre, qui semble avoir oublié d’où il vient et de quel région il vient, la mienne !
J’en conclus que l’État, actionnaire majoritaire d’EDF, laisse détruire psychologiquement un ancien salarié et ne fait rien pour mettre fin à une situation qui dure depuis trop d’années. Nommer un PDG d’EDF et prétendre qu’on ne peut rien faire : personne n’y croira.
Je compte publier ce courrier dès cet après-midi afin de montrer comment l’État aide ses citoyens, comment il accepte qu’on vous détruise pendant des années pour avoir simplement fait votre travail ce qui est prouvé par 1300 pages chez une juge d’instruction de Marseille avec une information judiciaire ouverte depuis 2022 et dont le Ministère de la Justice ; pour laisser EDF gagner; par exemple, devant le Conseil de prud’hommes ou en cassation, il me serait indispensable d’avoir accès à trois ou quatre courriels précis afin de démontrer que le harcèlement moral dont j’ai été victime a bien pris naissance à la suite directe de mon travail d’inspecteur de la sûreté nucléaire.
Aujourd’hui, je dois également vous avouer que les rapports internes au sein d’EDF relatifs à la sûreté nucléaire sont édulcorés et retravaillés afin de protéger les directeurs de centrales et de ne pas exposer la réalité des faits en matière de sûreté. Cela aussi, je suis en mesure de le prouver.
L’un de mes rapports, rédigé en 2015, a été modifié à mon insu afin de dissimuler de graves dysfonctionnements constatés sur la centrale du Tricastin. Ce que j’ai vu au cours de mes missions est grave, et il est désormais temps que ces pratiques soient rendues publiques.
Il est nécessaire de faire connaître la manière dont nos rapports sont systématiquement relus, corrigés, modifiés, afin de ne pas révéler la vérité objective en matière de sûreté nucléaire. Les inspecteurs sont bâillonnés, empêchés d’accéder à certaines parties des installations, et font l’objet de pressions constantes lors des inspections afin de ne pas consigner la vérité dans leurs rapports.
Voilà la réalité de la sûreté nucléaire chez EDF.
Quant à M. MACRON, il ferait mieux de m’aider à retrouver un emploi. Après plus de cinquante candidatures, notamment comme « éboueur » ou « ouvrier », toutes les portes se ferment. Nous n’avons manifestement pas la même rue à traverser ni le même quartier, mais cela aussi, l’État s’en moque.
M. FERRACCI, lorsqu’il était ministre de l’Industrie, est allé jusqu’à m’adresser un courrier me transmettant un numéro vert pour la dépression et la santé mentale, en 2024, alors qu’EDF me détruit depuis 2018 et me pousse au suicide sous la tutelle de l’État. J’accuse ces institutions de pousser des citoyens au suicide, sous couvert de protection des puissants et des bien-pensants.
Ce courrier m’a mis en colère. J’attends désormais un sursaut républicain de celles et ceux qui sauront se mettre à ma place. Nous avons voté pour des députés, et nous attendons d’eux non seulement qu’ils nous défendent, mais aussi qu’ils respectent le principe fondamental d’assistance à personne en danger.
L’État pouvait agir, saisir la justice, déclencher un article 40. Il a préféré ne rien faire et me laisser mourir pour protéger EDF et son PDG. Ce courrier en est la preuve. Tant pis s’il déplaît à M. LE CORNU, qui, contrairement à ce qui est écrit, n’a jamais eu vent de mes alertes. Les directeurs de cabinet sont là pour filtrer, et surtout pour ignorer les vies humaines.
Mesdames et Messieurs les députés, quel triste symbole que ce jour de 49.3 pour envisager le passage à l’acte, tant il démontre que l’État ne tient pas ses promesses et participe indirectement à la destruction psychologique et cérébrale de ses citoyens.
Vive la démocratie.
BEGIN Arnaud,
Copie : journalistes.
© Elektron-Vert


















