Rétention d’information au sein des CLI : un dysfonctionnement préoccupant

Nous avons, en tant qu’association déclarée, fait connaître notre existence aux différentes CLI afin que les personnes qui les composent — associations, experts, élus, syndicats, etc. — puissent nous connaître et, pour certains, nous aider. Or, les CLI ont refusé de faire connaître notre association, comme cela a été le cas pour celle de Cherbourg, dont les explications sont pour le moins surprenantes et contradictoires.

À la suite d’une relance, qui semble les avoir agacés, nous avons reçu la réponse suivante :
« Concernant vos remarques, nous rappelons que la CLI agit dans le strict respect de ses missions, telles que définies par le Code de l’environnement. La diffusion des informations qui lui parviennent s’opère dans un cadre organisé, visant à garantir la qualité, la fiabilité et la pertinence des contenus partagés avec ses membres. »

Or, ce que je réponds à cette personne, c’est que pour vérifier la fiabilité de nos informations — comme nous vérifierions la fiabilité des leurs — il est nécessaire, je cite, de les « partager avec ses membres ». Mais pour partager une information avec ses membres, encore faut-il partager l’existence de notre association avec ces mêmes membres. On en revient donc à la question suivante : qui est arrivé en premier, la poule ou l’œuf ?

Ce dénigrement de la part des CLI ne nous surprend pas et va à l’encontre de toute déontologie, en bloquant les informations qui dérangent et en promouvant celles qui embellissent une image idéalisée du nucléaire, et surtout celle d’EDF, véritable maîtresse des CLI, ainsi que de l’ASN-R.

Cette personne ajoute ensuite :
« Aucune volonté d’écarter ou de rendre “invisible” votre association n’a guidé nos actions. Les modalités de diffusion et la gestion des sollicitations relèvent d’une organisation interne précise, qui ne peut être assimilée à une absence de transparence ou à un manquement à nos obligations. »

Pourtant, force est de constater que la CLI de Cherbourg pratique bel et bien une rétention d’information.

Nous avons donc décidé d’examiner les actions possibles afin de mettre fin à cette situation qui permet aux CLI, de manière injuste, de filtrer les informations et de ne transmettre que celles qui ne les dérangent pas, quitte à saisir, dans un premier temps, le Défenseur des droits.

Les CLI démontrent en réalité qu’elles agissent pour le bien d’EDF, au détriment de la sûreté et des questions légitimes que de petites associations comme la nôtre pourraient poser. Cela implique également que si nous adressons une question à l’une de ces CLI concernant les informations qu’elle diffuse, elle ne nous répondra pas.

Les CLI sont devenues un système de pouvoir fermé, proche d’un diktat ou d’une monarchie au service d’EDF, en dehors de toute logique démocratique. En dehors de se réunir autour d’une table, qu’ont-elles réellement créé, si ce n’est se heurter à un droit fondamental, celui de la liberté d’expression, dont la violation est punissable par la loi ? Nous tenons à le rappeler.

Arnaud Begin
Président de l’association Elektron-Vert


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